Nouvelle stratégie pour la conservation du mouflon à manchettes en Tunisie : un cadre d’action commun pour agir

Le mouflon à manchettes (Ammotragus lervia) est un ongulé endémique du nord de l’Afrique dont les effectifs ne cessent de diminuer dans la région. Face à cette situation, la Direction Générale des Forêts en Tunisie en collaboration avec l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le Ministère des Affaires Locales et de l’Environnement tunisien et plusieurs acteurs de la société civile, a publié une stratégie et un plan d’action pour la conservation de cette espèce emblématique, qui méritent d’être mis en œuvre de toute urgence.

Photo: Teresa Abáigar-CSIC

Arrui 

Le mouflon à manchettes est l’ongulé des zones montagneuses le mieux adapté aux environnements arides et chauds. Il constitue une partie importante de la biodiversité de l’Afrique du Nord, dont la Tunisie, et il est actuellement classé en tant qu’Espèce Vulnérable d’après la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Sur le continent africain, la présence et la distribution du mouflon à manchettes ont considérablement diminué au cours du siècle dernier, principalement sous l’effet conjugué du braconnage et de la dégradation des habitats. En Tunisie, seulement quelques populations demeurent, notamment dans les aires protégées. Ces populations font face à un certain nombre de menaces. À moyen terme, la finalité de cette stratégie est d’assurer la survie d’au moins quatre populations de mouflons à manchettes en liberté en Tunisie d’ici 2027, occupant leurs aires de répartition naturelle au Saharien, au Dahar-Ouara, à l’Orbata-Bou Hedma et sur la Dorsale.

Pour atteindre cet objectif, cinq stratégies d’intervention ont été identifiées : la conservation de l’habitat, l’élimination du braconnage, le suivi et la collecte de données, la sensibilisation et la valorisation, et finalement les mécanismes de financement. Pour chacune de ces stratégies, un objectif à long terme et des objectifs stratégiques ont été définis et des actions prioritaires ont été prescrites pour la période 2018-2027, avec des indications en termes de responsabilité et de budget.

« Ce plan d’action national est la concrétisation de la prise de conscience nationale de l’importance de la préservation de notre patrimoine naturel. Le plan de sauvegarde de cet animal majestueux dans les montagnes tunisiennes s’inscrit dans la Stratégie Nationale Tunisienne pour la Conservation des Antilopes Sahélo-Sahariennes 2001-2020» exprime Héla Guidara-Salman de la Direction Générale des Forêts en Tunisie.

À travers la mise œuvre efficace de plans d’aménagement et la réduction progressive du braconnage jusqu’au son élimination, la stratégie devrait assurer la conservation et la restauration de l’habitat pour garantir la protection d’au moins 90 % de la population de mouflons à manchettes en Tunisie.

Pour accompagner ces actions de gestion, un programme de sensibilisation et valorisation pour les communautés habitant près des mouflons à manchettes a été inclus, y compris des actions de promotion de l’écotourisme au sein et autour des sites importants.

Dans cette optique, la stratégie développée aspire à voir des populations viables de mouflons à manchettes dans leurs aires de répartition potentielles en Tunisie d’ici 2050, de manière à ce qu’ils symbolisent les montagnes nord-africaines et constituent un élément important du développement durable. En effet, « Les espèces charismatiques telles que le mouflon aÌ manchettes peuvent devenir des fleurons très efficaces pour assurer la protection des habitats de montagne » déclare Juan Herrero, Président du Groupe de spécialistes des caprinés de l’UICN.

La réussite de la mise en œuvre de cette stratégie sera étroitement liée au travail de plusieurs acteurs au niveau national et chacun devra opérer en coordination avec diverses institutions afin d’accomplir ces objectifs de façon efficace.

Le développement de ce plan d’action a été possible grâce à l’implication et la collaboration active de la Direction Générale des Forêts de la Tunisie. En plus de tous les experts qui ont consacré du temps et partagé leurs connaissances et leur expérience durant toutes les étapes du développement de cette stratégie. Et enfin, grâce au soutien financier de la Fondation MAVA et la Fondation pour la biodiversité (Fundación Biodiversidad) du Ministère espagnol de l’Agriculture et de la Pêche, de l’Alimentation et de l’Environnement.

Pour plus d'information: Violeta Barrios

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